« (...) Le travail sculptural d’Anna Tomaszewski montre depuis ses débuts une grande attention pour la texture des surfaces, des objets et des matériaux qu’elle manipule, déplace et agence.

Ce paradoxe est toutefois relatif puisque tant le travail photographique que la pratique de l’exposition induisent dans le même temps des processus de distanciation et de « dénonciation » du caractère artificiel des œuvres, au-delà de leur aspect naturel. Cette conscience de l’artifice et celle de la représentation, et elle induit pour ainsi dire un processus d’extranéation - qui déplace et rend étranger à lui-même l’objet, dans sa texture particulière, sa dimension, son échelle, son espace et l’espace qu’il génère.

Ce processus d’extranéation n’est pas seulement un processus de dédoublement (qui peut être feint comme dans le cas de la fausse ombre portée au sol) et de déplacement, mais d’ouverture de l’œuvre à un devenir, à des possibles qui semblent dénoter, dans sa démarche, un désir de combattre les effets de réification - de chosification de l’objet et de clôture de sa signification - en accueillant et en augmentant les potentialités métaphoriques des objets et de leurs modes d’exposition. »
Texte critique : Tristan Trémeau ( Extrait du catalogue de l’Exposition Ma, Nice, 2015 )
J’ai découvert le travail d’Anna Tomaszewski au 61 Salon de Montrouge auquel je participais en qualité de membre du jury. L’oeuvre de cette artiste était pour moi une des vraies découvertes de cette édition.

Elle présentait des œuvres sculpturales dans un espace où seul le regard pouvait accéder. Il est souvent question de dispositifs au regard dans ses installations. La tension immédiatement perceptible de son travail tient moins dans l’installation des formes que dans les vides qui les sépare. Les formes génèrent de l’espace, multipliant les potentiels d’interprétation des matières, des échelles, des narrations.

Anna Tomaszewski fait un travail de recherche qui, bien que motivé par la pratique et le contact avec la matière, n’en cherche pas moins des vibrations invisibles, des tensions toujours à la limite du basculement, vers la fiction, vers d’autres échelles, vers la possibilité d’une illusion.
François Quintin
Artpress n°435

SLASH, L'annuel 2013-2014